La Belle Aux Berges

La maison  Magloire-Vézina, 609, Chemin des

Patriotes, Saint-Denis-sur-Richelieu

(P. Gadbois, 20 juillet 2009)

 

Historique de l’emplacement   

André-Olivier Gadbois 

            Le terrain sur lequel la maison Magloire-Vézina est construite faisait autrefois partie d’une bande de terre qui s’étendait depuis le prolongement vers le quai de la rue Yamaska jusqu’au lot no 155. Nous présumons que ce lot était  occupé par Pierre Guertin en 1870. Auparavant, ce terrain avait appartenu au marchand dionysien André-Olivier Gadbois qui s’était établi et avait commencé sa carrière à Saint-Denis vers 1833 à titre de commis pour le marchand Louis Guérout et d’agent des héritiers de Pierre Guérout. Louis Guérout avait remplacé son père Pierre Guérout dont le magasin, nous dit Jean-Baptiste Richard, était situé sur le lot 154 du cadastre. Nous soupçonnons donc qu’il s’agit des terrains occupés précédemment par la famille Guérout, mais nous ignorons à quelle époque et de qui André-Olivier Gadbois a acquis le terrain, ainsi que le bâtiment qui lui servait de magasin. André-Olivier Gadbois possédait également le lot 108 du cadastre sur lequel se trouvaient une maison et d'autres bâtiments. Cette maison a peut-être été la résidence d’André-Olivier Gadbois, mais nous croyons qu’il soit également possible qu'il ait habité dans la moitié sud-ouest de l’immeuble lui servant de magasin, endroit où nous le retrouvons au moment où il vend ce bâtiment à Wilfrid Richer, quelques mois avant son décès. Ce bâtiment a d’ailleurs toujours servi à la fois de magasin et de résidence jusqu’en 1998.   

Plan du village de Saint-Denis montrant les lots 108, 117, 118, 119, 153, 154 et 155 du cadastre, dont le terrain composé des lots 117 à 154 vendus en 1870 par André-Olivier Gadbois à Wilfrid Richer.

(Source : Plan du Village de Saint-Denis, cadastre de la Paroisse de Saint-Denis

Bureau de la publicité des droits réels, Saint-Hyacinthe) 

Originaire de Belœil, où il est né le 20 novembre 1807 du mariage d’Olivier Vandandaigue dit Gadbois et de Marie Marcil, André-Olivier Gadbois est d’abord instituteur à l’école modèle de Belœil de 1830 à 1833.  Le 29 août 1831, il épouse Louise Galipeau, mais cette dernière décède prématurément en couches le 1er juillet 1832, quelques jours après la naissance d’un fils qui ne vécu lui-même que quelques heures. En 1833, André-Olivier quitte sa paroisse natale pour s’établir à Saint-Denis comme commis et agent de la famille Guérout. En 1842, Narcisse Guérout, un autre fils de Pierre Guérout, établit comme pasteur anglican à Acton-Vale, engage alors André-Olivier Gadbois pour administrer ses intérêts dans la succession Guérout. Gadbois accomplira méticuleusement cette tâche et rendra compte chaque année de son administration à Narcisse Guérout jusqu’à son décès. Bien que Louis Guérout n’ait quitté le village de Saint-Denis qu’en 1862 pour s’établir à Belœil, nous retrouvons André-Olivier Gadbois qualifié de marchand ou commerçant dès 1845. Il tient son magasin et habite peut-être la moitié du bâtiment qui est aujourd’hui la propriété de la Municipalité de Saint-Denis-sur-Richelieu, au 599 et 601, Chemin des Patriotes.  

En février 1870, André-Olivier Gadbois songe à se retirer des affaires et acquiert, rue Sainte-Catherine, à Saint-Denis, une maison dans laquelle il a l’intention d’aller s’établir dès qu’il aura mis fin à ses activités commerciales. En septembre de la même année, il vend donc son magasin et une partie du terrain qu’il occupe le long de la rivière à son commis Wilfrid Richer dit Laflèche [les lots 117, 118, 119, 153 et 154 du cadastre], tout en se réservant la moitié sud-ouest du bâtiment jusqu’à ce qu’il puisse intégrer sa nouvelle demeure.

 Magasin et résidence d’André-Olivier Gadbois à Saint-Denis, siège aujourd’hui de l’Hôtel de Ville de Saint-Denis et des bureaux des notaires Pétrin, sis au 599 et 601, Chemin des Patriotes.

 (Source : P. Gadbois, le 20 juillet 2009)

André-Olivier Gadbois n’a cependant jamais pu intégrer la maison rue Sainte-Catherine puisqu’il décède un mois plus tard, le 7 octobre 1870, à l’âge de 63 ans. Après son décès, ses biens sont vendus et l’emplacement qu’il possédait «avec maison et autres bâtisses borné d’un côté par la côte de la traverse et de l’autre par une coulée» est vendu par ses héritiers au docteur Tancrède Marchesseault, écuyer et médecin de Saint-Denis. Il s’agit du terrain connu sous le numéro 108 du cadastre, situé de l’autre côté du prolongement de la rue Yamaska vers la rivière. Quant à la maison rue Sainte-Catherine dans laquelle il avait l’intention de se retirer, c’est son ami l’abbé Antoine O’Donnel, curé de Saint-Denis, qui s’en portera acquéreur.

 

 

 Le curé O’Donnel rédigea un obituaire du marchand André-Olivier Gadbois qui fut publié dans la Minerve. Bien qu’il dresse un portrait émouvant du personnage, ce témoignage ne révèle rien des grandes lignes de la carrière de Gadbois 

 

 

 

Wilfrid Richer

           Dans l’année qui a suivi son acquisition, Wilfrid Richer se départit de trois parcelles du terrain qu’il avait acquis d’André-Olivier Gadbois, ne se réservant pour lui-même qu’un seul de ces emplacements.  

Dans un premier temps, soit le 20 août 1871, il vend à Jean-Baptiste Laflamme, tailleur de Montréal, un emplacement vacant correspondant à l’actuel lot 154 du cadastre, endroit où se trouve aujourd’hui le restaurant Les Chanterelles du Richelieu.. En 1875, Laflamme  vend cet emplacement au docteur Joseph Frédéric Guertin qui le vend à son tour en 1890 au docteur Jean-Baptiste Richard. Dans son livre intitulé Saint-Denis sur Richelieu, 1900-1940, le docteur Richard déclare, sans plus de précision, que sa maison était construite sur le terrain jadis occupé par le magasin du marchand Pierre Guérout. Cette hypothèse est confirmée par la porte de la glacière qui, à l’origine, était percée dans le mur sud-ouest de celle-ci et donc, ouverte du côté du magasin de Guérout. Mais il est possible également que Guérout ait été propriétaire de toute cette bande riveraine qui devint plus tard la propriété d’André-Olivier Gadbois. Ceci reste à vérifier.  

Dans un deuxième temps, soit le 20 septembre 1871, exactement un an après avoir acquis le terrain d’André-Olivier Gadbois, Wilfrid Richer vend à Magloire Vézina, un marchand tailleur montréalais, l’emplacement voisin de celui de Laflamme, telle que décrit comme suit au contrat :  

« …bornée en front au chemin de front de la première concession, en profondeur à la Rivière Richelieu, d’un côté Jean-Baptiste Kimmeneur dit Laflamme, de l’autre côté à une clôture en planche formant la ligne de séparation entre le terrain vendu & celui du vendeur, avec une grange, une soul, une glacière en pierres et autres dépendances y érigées formant environ cent vingt-cinq pieds de front sur la profondeur qu’il y a depuis le chemin de front jusqu’à la Rivière Richelieu. »  

Aucune maison n’est encore construite sur ce terrain. Mais le recensement de 1881 confirme que Magloire Vézina et sa famille sont déjà établis sur l’emplacement, ce qui laisse sous-entendre que la maison est probablement déjà construite à cette date.   

Enfin, en 1875, Wilfrid Richer vend au commerçant Joseph Archambault l’extrémité nord-est du terrain sur lequel est construit le magasin d’André-Olivier Gadbois. Ce Joseph Archambault devient, en 1903, le premier maire du village de Saint-Denis et loue alors à Wilfrid Bousquet la partie nord-est de la bâtisse occupée comme magasin.   

Quant à l’emplacement situé entre celui de Magloire Vézina et celui de Joseph Archambault, soit le lot 118 du cadastre de Saint-Denis, Wilfrid Richer le conservera pour lui-même et construira la maison de style second Empire érigée au  603, Chemin des Patriotes.  

Le 10 mai 1875, Richer rachète de Magloire Vézina la parcelle de terrain qui sera connue sous le no 119 du cadastre, sur laquelle il projette de construire un hangar ou écurie et où sera construit en 1916, le bâtiment sis au 605 et 607, Chemin des Patriotes.

Maison sise sur le lot 118 du cadastre, au no 603, Chemin des Patriotes,

occupée par Wilfrid Richer de 1875 à son décès en 1897.  (P. Gadbois, 20 juillet 2009)

Magloire Vézina 

Magloire Vézina est né à Sainte-Rose de Laval le 7 janvier 1836 du mariage de Jean Vézina et Marguerite Cadieux. En 1863, nous le retrouvons à Montréal au 100, rue Saint-Germain, où il tient une boutique de tailleur. Le 19 mai 1863, il épouse Émélie Charron, fille de Pierre Charron et Marie-Louise Benoit. Ces derniers habitent Saint-Denis où Émélie est née le 21 avril 1836.  Pendant quelques années, le couple Vézina-Charron habite à Montréal, au 371, rue Saint-Nicolas et ensuite au 172, rue Saint-Germain. En 1868, nous les retrouvons au 96, rue Notre-Dame, endroit où ils resteront jusqu’à leur départ pour Saint-Denis en 1874. En 1873, cependant, ils occupent le 96, rue Notre-Dame comme magasin seulement et résident au 27, rue Saint-Constant.

En 1871, Magloire Vézina acquiert de Wilfrid Richer le terrain que nous avons décrit plus haut, composé de la totalité du lot 153, du lot 119 et du coin sud-ouest du lot 118 mais lui rétrocède en 1875 la parcelle composant le lot 119.  Au moment de son acquisition, aucune maison n’est encore érigée sur l’emplacement et Magloire Vézina ne viendra s’établir à Saint-Denis qu’en 1874.  Nos recherches ne nous permettent pas d’établir avec exactitude la date de construction de la maison. Le recensement de 1881 nous indique cependant que la famille Vézina est déjà établie sur l’emplacement à cette date et, dix ans plus tard, le recensement de 1891 confirme qu’elle habite toujours au même endroit et qu’il s’agit d’une maison de briques. Seul le type de construction avec ses murs structuraux en briques, nous permet d’établir que la maison a été construite au plus tard en 1875.  

Le magasin de Magloire Vézina 

Nos recherches ne nous ont pas permis non plus de déterminer où Magloire Vézina tenait son commerce entre 1874 et 1880. Peut-être louait-il déjà la maison qu’il va acquérir en 1880 de Jean-Baptiste Gaudette. Cette maison en deux parties, située au 136, rue Yamaska, sur le lot 126-1 du cadastre, a pu  être occupée autant comme magasin que comme résidence. Construite sans doute depuis peu au moment où Magloire Vézina l’acquiert, elle ne devait pas être tellement différente de ce qu’elle est aujourd’hui. 

Mise à part les souches de cheminée qui sont disparues, la maison aurait besoin d’être rafraîchie pour réapparaître dans l’état où elle était à l’époque où Magloire Vézina y tenait son magasin. En 1904, il fait don de cet immeuble à son fils Joseph-Oscar avec lequel il est désormais associé et ils exploitent le commerce dans cet immeuble jusqu’en 1906.

 

Maison au 136, rue Yamaska à Saint-Denis, lot 126-1 du cadastre,

  magasin occupé par Magloire Vézina à Saint-Denis de 1880 à 1906.

(Coll. Albert Jeannotte)

En 1906, Magloire Vézina loue d’Euchariste Lamothe la moitié du bâtiment qui avait jusqu’alors servi de magasin à la société Charron et Frères dans l’ancien magasin d’André-Olivier Gadbois, sis aujourd’hui au 599 et 601, Chemin des Patriotes. Il aménage leur commerce dans ce nouvel établissement.  

Joseph-Oscar Vézina conserve la maison rue Yamaska jusqu’en 1913, date à laquelle il la vend à Napoléon Lussier. Il est possible que Joseph-Oscar Vézina ait habité avec sa famille la maison rue Yamaska, du moins jusqu’au décès de sa mère en 1910,  puisque le recensement de 1911 nous apprend que lui et sa famille habitent alors la maison sur le Chemin des Patriotes avec son père. Joseph-Oscar Vézina ne deviendra cependant propriétaire de la maison de son père qu’après le décès de ce dernier, aux termes de son testament exécuté le 24 janvier 1916 devant le notaire Dauray.  

Quant au magasin qu’il occupait toujours à titre de locataire au 599 et 601, chemin des Patriotes, Joseph-Oscar s’en portera acquéreur en l’achetant d’Euchariste Lamothe le 26 octobre 1922.

La famille de Magloire Vézina 

Magloire et Émélie Vézina ont eu 7 enfants dont 6 embrassèrent la vie religieuse. Les trois premiers sont nés à Montréal, avant leur arrivé à Saint-Denis en 1874, et les quatre autres à Saint-Denis. Il s’agit de : 

1)      Marie-Louisa, née à Montréal, paroisse Notre-Dame, le 17 mars 1865. Elle fut admise en 1887 chez les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe (Sœurs Grises) et prononça ses vœux perpétuels le 29 janvier 1890. Elle travailla pendant deux ans à l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe où elle fut affectée à la reliure. Elle est décédée le 19 mai 1894 à l’âge de 29 ans des suites d'une influenza contractée en 1992 et fut inhumée dans le caveau de la congrégation des Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe;  

2)      Joseph-Arthur-Aldéric, né à Montréal, paroisse Notre-Dame, le 11 octobre 1869. Après ses études à Saint-Hyacinthe, il fut ordonné prêtre par Mgr Decelles le 3 mai 1893. Après des obédiences de quelques années comme vicaire dans quelques paroisses du diocèse, il devint auxiliaire au Séminaire de Saint-Hyacinthe où il enseigna à compter de 1899, supérieur du Séminaire en 1940 et vice-supérieur en 1947.  Il est décédé le 15 juin 1950 à l’Hôpital Saint-Charles de Saint-Hyacinthe et fut inhumé le 19 juin au Séminaire de Saint-Hyacinthe; 

3)      Marie-Albina, née à Montréal, paroisse Notre-dame, en 1872. Elle fut admise chez les Sœurs du Précieux-Sang de Saint-Hyacinthe en 1893. Elle est décédée à l’âge de 42 ans, le 18 juin 1914 et inhumée le 21 juin au monastère du Précieux-Sang. 

Les autres sont tous nés à Saint-Denis-sur-Richelieu. Il s’agit de :

4)      Joseph-Magloire-Oscar, né à Saint-Denis le 12 mai 1874. Marchand à Saint-Denis, il est le seul à ne pas être entré en religion. Il a épousé à Saint-Hugues, en 1905, Alexandra Sicotte, fille d’Éméry Sicotte et Rose-de-Lima Normandin;

5)      Joseph-Wilbrod, né à Saint-Denis le 2 décembre 1875. Après ses études au Séminaire de Saint-Hyacinthe, il passe au noviciat des Oblats de Marie-Immaculée à Lachine et est ordonné prêtre à Ottawa par Mgr Duhamel, en 1898. Après quelques années comme vicaire à Ottawa et à Québec, il fut à compter de 1904, chargé de mission à Mattawa (Ontario) jusqu’en 1907. Il est alors envoyé en mission dans l’Ouest canadien où il demeura jusqu’à son décès le 24 mai 1938 à St-Boniface. Il fut inhumé dans le cimetière oblat de cette ville. 

6)      Joseph-Albert, né à Saint-Denis le 6 décembre 1876. Après des études à Saint-Hyacinthe et à Montréal, il fut ordonné prêtre par Mgr Decelles le 25 juillet 1902. Il fut professeur au Séminaire de Saint-Hyacinthe, vicaire dans quelques paroisses et finalement, curé à Richelieu, Saint-Marc et Saint-Liboire de 1916 à 1938. Il est décédé à l’Hôpital Saint-Charles de Saint-Hyacinthe le 11 décembre 1949 et inhumé le 14 décembre au Séminaire de Saint-Hyacinthe;

7)      Joseph-Ernest, né à Saint-Denis le 4 juin 1878. Après ses études collégiales à Saint-Hyacinthe et ecclésiastiques à Montréal, il fut ordonné prêtre par Mgr Xiste Bernard le 25 juillet 1906. Professeur pendant un an au Séminaire, il devient vicaire dans plusieurs paroisses du diocèse dont Upton, Granby, Saint-Damase, Roxton, Saint-Barnabé et Saint-Antoine. À compter de 1921, il devient curé de Pike-River, et de Saint-Sébastien, où il restaure l’église en 1930 et de Saint-Hilaire jusqu’en 1942. À cette date, il se retire quelque temps à la Providence Saint-Victor de Belœil et terminera sa carrière comme aumônier de l’hospice Saint-Louis de Saint-Denis et ensuite, de la Métairie des Sœurs Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. En septembre 1923, il avait fondé la Métairie des Sœurs de Saint-Joseph à Pike-River. Il est décédé à l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe le 19 juin 1958 et inhumé le 23 juin au Séminaire de Saint-Hyacinthe. 

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Arthur Vézina (1869-1950), Wilbrod Vézina, o.m.i.(1875-1938), Albert Vézina (1876-1949) et Ernest Vézina

 (1878-1958), fils de Magloire Vézina et Émélie Charron. (Source : Archives CESH et Archives O.m.i.)

 

 

Émélie Charron, l’épouse de Magloire Vézina, décède à Saint-Denis le 8 septembre 1910 à l’âge de 74 ans. Ont assisté à ses funérailles, ses quatre fils prêtres et un nombre impressionnant d’ecclésiastiques. Magloire Vézina décéde quant à lui le 7 novembre 1916 à l’âge de 80 ans.  

Joseph-Oscar Vézina  

Joseph-Oscar Vézina est né à Saint-Denis le 12 mai 1874 et a épousé Alexandra Sicotte, le 15 août 1905, à Saint-Hugues.  

 

Wilbrod et Joseph-Oscar Vézina, Alexandra Sicotte et

 probablement Denise Vézina alors âgée d’environ deux ans

(Détail d’une photo, v. 1918, coll. Albert Jeannotte)

 

 

Joseph-Oscar Vézina a eu une vie beaucoup plus active que ne l’avait eu son père au sein de la petite communauté dionysienne. Patriote dans l’âme, il s’est particulièrement illustré en 1915 lors de la reconstitution du monument érigé en l’honneur du patriote Louis Marcoux et plus tard lors du remplacement du même monument en 1927. De 1931 à 1935, il fut maire de la Municipalité du Village de Saint-Denis et pendant son mandat, dirigea avec le concours du Dr Jean-Baptiste Richard, la construction du Cairn érigé à l’endroit où se tenait jadis la maison Saint-Germain, où avaient combattu victorieusement les patriotes le 23 novembre 1837. Le Cairn fut érigé par les soins de la Société des Artisans Canadiens-français, dont Oscar Vézina était le président local, le tout sous l’égide de la Commission des monuments nationaux de la Province qui en prit possession dès son dévoilement par Oscar Vézina. Une foule de plus de 3000 personnes ont assisté à ce dévoilement. Le village de Saint-Denis avait également voulu commémorer de façon particulière les fêtes du centenaire de 1837. À cette occasion le Dr Richard avait été désigné comme président des fêtes et Oscar Vézina figurait parmi les membres du comité d’organisation. 

 

Ses frères, les abbés Arthur, Albert et Ernest Vézina étaient également présents à la plupart des fêtes religieuses,  fêtes commémoratives et jubilaires qui se déroulaient dans la paroisse de Saint-Denis. Ils se sont faits particulièrement remarqués lors des fêtes marquant pendant trois jours le jubilé de Mgr Antoine O’Donnel, ancien curé de Saint-Denis. Ils étaient souvent appelés à assister et même à remplacer leur évêque ou autre dignitaire ecclésiastique, à prononcer les adresses ou sermons. Nous les retrouvons également comme membres de plusieurs comités lors de fêtes organisées par ou pour leur alma mater : le Collège de Saint-Hyacinthe. Enfin, ils sont l’un ou l’autre invariablement officiant aux baptêmes, mariages et sépultures des membres de leur famille. Et s’ils n’officiaient pas la cérémonie, ils y étaient très souvent témoins.

 

Joseph-Oscar Vézina allait conserver la maison et le magasin jusqu’à son décès survenu le 16 mai 1948, à l’âge de 74 ans. Il légua la résidence à son épouse et le commerce à son fils Jean.

 

Après le décès de son mari, Alexandra Sicotte décida de quitter Saint-Denis pour aller s’établir à Ville Mont-Royal où elle décède le 20 février 1951 à l’âge de 77 ans.

 

Trois enfants sont nés du mariage de Joseph-Oscar Vézina et Alexandra Sicotte :

 

1)      Jean, né à Saint-Denis le 15 septembre 1907. Il épouse Laurette Lauzon à Montréal le 17 septembre 1934. Il décède à Saint-Denis le 21 août 1993, à l’âge de 85 ans.

 

2)      Madeleine, née le 29 octobre 1911. Elle épouse Roger Bélanger à Saint-Denis le 8 juin 1940. Elle décède à Saint-Lambert le 2 mars 1992, à l`âge de 79 ans.

 

3)      Denise, née le 10 octobre 1916. Elle épouse Paul Trottier à Montréal le 1er février 1947. Elle décède le 1er juin 1982 à Sherbrooke, à l’âge de 65 ans.

 

Jean avait déjà remplacé son père dans l’exploitation du commerce du 599 et 601, Chemin des Patriotes. La moitié sud-ouest de cette bâtisse servait également de résidence à sa famille. Jean Vézina conserva le commerce et la bâtisse jusqu’en 1987, date à laquelle il en fit don à son fils Marc Vézina qui l’exploita pendant une dizaine d’années. En décembre 1998, l’immeuble fut vendu à la Ville de Saint-Denis sur Richelieu qui faisait de l’ancienne résidence et magasin d’André-Olivier Gadbois, l’Hôtel de Ville de Saint-Denis.

Pierre Gadbois 

Membre de la

Société d’histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

 

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Fin – Pierre Gadbois

Tous droits réservés

Le 23 décembre 2009


 

 

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